Google Self Driving Car

Cette fois-ci, on n’en parle plus au futur. Tant les effets de l’IA sont immédiats, visibles et inscrits dans le marbre. Si l’intelligence artificielle alimente encore certains phantasmes rétifs, elle est sortie des laboratoires, prête à bouleverser notre quotidien. Un signe qui ne trompe pas sur son sérieux, les eurodéputés se préparent à lui trouver un cadre réglementaire.

Aux vestiaires les phantasmes. Place à la réalité, rassurante ou angoissante. Selon que l’on est technophile ou technophobe, on dira que l’intelligence artificielle va changer le monde et modifier notre rapport à celui-ci. Les robots vont nous piquer notre place au boulot, nous imposer leur mode opératoire ; vont nous propulser dans des voitures intelligentes qu’ils dirigent. Version moins alarmiste et positives : ils vont nous faciliter la vie, nous permettre de gagner en productivité, etc.

Quoi qu’il en soit, le débat semble ne plus être sur leur présence dans notre société, mais sur l’organisation du couple robot/humain. Quelles vont être ses responsabilités et quid de la place que nous allons lui accorder ?

S’alarmant à juste titre de son évolution, le Parlement européen a décidé de régenter quelque peu nos rapports. Il a voté ainsi un règlement visant à définir les règles de droit civil à appliquer à la robotique. Si tout le monde est concerné, les assureurs, qui se demandent à quelle sauce ils vont être consommés à l’heure de l’intelligence artificielle généralisée, vont probablement être rassuré sachant qu’ils devraient gagner là, une nouvelle matière assurable.

Une nouvelle matière assurable pour les porteurs de risques

Car pour les députés européens, il faut rapidement légiférer pour « clarifier les questions de responsabilité, en particulier pour les voitures sans conducteur. Ils appellent à un système d’assurance obligatoire et à un fonds supplémentaire pour garantir le dédommagement total des victimes en cas d’accidents causés par ce type de voitures. » On nous avait dit que les porteurs de risques avaient perdu la bataille de la voiture intelligente ; force est de constater avec Alain Bensoussan, spécialiste du droit des nouvelles technologies, qui intervenaient le mois dernier sur ce thème lors des rencontres de la ROAM, que les assureurs ont tout à y gagner. Peut-être pas tout, mais quand même, si l’on en juge à travers la volonté des eurodéputés. Car selon eux toujours, « la commission doit, à long terme, [envisager] la possibilité de créer un statut juridique spécial pour les robots, afin de clarifier la responsabilité en cas de dommages. »

Assureurs et bancassureurs, réfléchissez déjà sur les garanties à concevoir. Et surtout, noyautez.

Des arguments, il y ‘en a à la pelle. Le Parlement les trouve même pour vous quand elle considère que « l’’utilisation croissante de la robotique soulève également des questions éthiques, liées par exemple à la vie privée et à la sécurité, expliquent les députés. Ils proposent un code de conduite éthique volontaire sur la robotique pour les chercheurs et les concepteurs.

Sachez que la résolution a été votée à une large majorité, ce qui prouve un solide consensus. Il ouvre donc la voie à une réglementation qui devrait encourager le recours aux produits d’assurance.

Nul doute, bardé de sa légitimité juridique, l’intelligence artificielle est en passe d’acquérir ses lettres de noblesse. L’assurance fera partie de ce voyage intelligent qui n’est presque plus artificiel mais qu’elle peut même garantir. Reste à savoir à quel prix. Actuaires, à vous la main. Vous pouvez même vous appuyer sur du machine learning.

source : http://www.assurbanque20.fr/intelligence-artificielle-si-vous-aviez-encore-des-doutes/

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