Après le jeu de go, quel avenir pour l’intelligence artificielle de Google ?

Le champion du monde du jeu de Go Ke Ji face à l'intelligence artificielle de Google lors de la dernière épreuve à l'occasion du sommet Le futur du jeu de Go organisé en Chine.

Le champion du monde du jeu de Go Ke Ji face à l’intelligence artificielle de Google lors de la dernière épreuve à l’occasion du sommet “Le futur du jeu de Go” organisé en Chine. (Crédits : /Reuters/Stringer)

L’intelligence artificielle de Google Deepmind a battu à trois reprises le champion du monde du jeu de go lors d’un tournoi organisé en Chine la semaine dernière. Après avoir annoncé vouloir arrêter la compétition, les chercheurs souhaitent développer l’outil pour “résoudre certains des problèmes les plus complexes auxquels nous faisons face”.

Le superordinateur AlphaGo de Google a battu samedi pour la troisième fois d’affilée le petit génie chinois du go, un jeu de stratégie asiatique, et va maintenant cesser de se mesurer aux humains, a indiqué son développeur. AlphaGo avait déjà fait sensation l’an dernier en battant le grand maître sud-coréen du jeu de go Lee Se-Dol par quatre parties à une. C’était la première fois qu’un logiciel écrasait un joueur chevronné lors d’un match entier.

Le dernier affrontement entre l’homme et la machine

AlphaGo l’a de nouveau emporté face au Chinois Ke Jie, 19 ans, dans la dernière partie d’une série de trois matchs disputés la semaine dernière à Wuzhen, dans l’est de la Chine. Mais selon son développeur DeepMind Technologies, une filiale de Google spécialisée dans l’intelligence artificielle et basée à Londres, ces trois parties sont les dernières que AlphaGo jouera contre un humain. Le fondateur et patron de DeepMind a même félicité Ke Jie sur Twitter pour ce duel.

Thank you Ke Jie for an amazing and inspirational match, a great honour to play with a true genius.

 
“Merci Ke Jie pour ce match incroyable et inspirant. C’était un véritable honneur de jouer  avec un vrai génie”.

Des partenariats dans le domaine médical

Désormais, les informaticiens à l’origine du logiciel vont s’attaquer “de nouveaux défis et développer des algorithmes qui pourront un jour aider les chercheurs à résoudre certains des problèmes les plus complexes auxquels nous faisons face” a déclaré Demis Hassabis. Dans un communiqué, la société Deepmind a expliqué que cette technologie “pourrait servir à trouver de nouveaux remèdes pour des maladies, à réduire la consommation d’énergie ou à inventer de nouveaux matériaux révolutionnaires”. En septembre 2016, la branche de Google spécialisée dans l’intelligence artificielle avait déjà signé un partenariat avec un centre hospitalier londonien pour travailler sur la prévention des cancers du cerveau ou de la bouche.

Deepmind a également expliqué qu’elle prévoyait de publier un article scientifiques dans une revue académique.

“Nous prévoyons de publier un article universitaire avant la fin de l’année qui reviendra en détail sur les améliorations apportées à l’efficacité de notre algorithme et qui pourraient être généralisées à d’autres problèmes. Comme avec notre premier article sur AlphaGo, nous espérons que d’autres développeurs vont s’en servir pour construire leur propre programme de jeu de go.”

Une percée technologique pour les ordinateurs

La victoire d’AlphaGo a été saluée comme une percée technologique pour les ordinateurs, désormais capables non seulement de conduire des voitures mais aussi d’aider l’humanité à résoudre quelques-uns des problèmes scientifiques, techniques ou médicaux les plus ardus. AlphaGo est ainsi doté d’algorithmes qui lui permettent d’apprendre de ses expériences.

Cette performance de la machine est d’autant plus impressionnante que la taille du tablier (19 lignes sur 19) offre un nombre incalculable de configurations possibles – davantage qu’il n’y a d’atomes dans l’univers – et le déroulement du jeu obéit à des concepts stratégiques qui vont au-delà du simple calcul mathématique, aussi puissant soit il. Ce qui signifie que l’intuition et la créativité sont essentielles pour gagner à très haut niveau. Deux domaines dans lesquels l’humain, croyait-on, était nécessairement supérieur à la machine.

Déjà en 1997, le champion du monde d’échecs Garry Kasparov avait été vaincu par l’ordinateur Deep Blue d’IBM. Mais le défi pour la machine semblait bien plus relevé au jeu de go, dans lequel deux adversaires tentent d’occuper le plus d’espace sur un plateau quadrillé en plaçant alternativement des pierres noires et blanches.


Source :“D’après un article de latribune.fr du 30/05/2017”